Un problème grave se pose en 1555 : Antoine de Bourbon convoqua les Etat du Béarn et voulait recevoir tout seul le serment de fidélité. Longue altercation et le jurement fut fait conjointement à tous deux; Antoine devint lui aussi gouverneur et amiral de Guyenne. Il intrigua pour la Navarre. ou bien pour le duché de Milan ou le royaume de Naples contre la Navarre; il pensa même céder contre un territoire italien la Basse Navarre et des places fortes du Béarn. Tout cela fut découvert et n'eut pas d'effet.

Le conflit religieux.

A la requête des Etats (1555) les souverains du Béarn avaient juré qu'ils défendraient les croyances catholiques et prendraient contre les hérétiques les sanctions prévues par les ordonnances d'Henri d'Albret. On a prétendu que la reine n'était pas encore favorable à la Réforme lors de son avènement, tandis que son mari était déjà gagné par les novateurs. En fait, Jeanne avait subi de bonne heure l'influence de l'entourage évangélique de sa mère et à son exemple elle donna asile dans ses Etats aux propagateurs des doctrines protestantes. Début 1556, elle ramène de Nérac à Pau 4 prédicateurs : Pierre DAVID, Henri BARRAN, jacobins armagnacais, Bernard SOLON, anc. carme de Tarbes et Pierre LEMEE. Elle sollicita l'approbation de Louis d'Albret Evêque de Lescar pour que ces prédicateurs parlent dans le diocèse (avec autorisation épiscopale).

1557 : Antoine de Bourbon revient de Paris où il a vu le progrès de la Réforme; il permet à Pierre de Saint Martin auditeur à la Chambre des Comptes de se rendre auprès de Calvin pour chercher un ministre de Genève; il revient avec François Legay de Bois Normand dit La Pierre qui prêche chez lui à

Mazères, rencontre le roi de Navarre et tient en divers lieux des assemblées nocturnes.

Calvin à Genève



1558 : Antoine et Jeanne laissent leur fils Henri (4 ans) comme lieutenant général assisté du Seigneur de Coarraze et de l'Evêque Louis d'Albret; ils amènent avec eux Pierre David qui prêche à La Rochelle et à Poitiers; Antoine participe aux manifestations protestantes de Paris (du Pré-aux-Clercs). Henri II mécontent menace d'intervenir en Béarn. Aussi Antoine de Bourbon confient au Cardinal Georges d'Armagnac Evêque de Rodez le soin de présider les Etats à Pau; ce prélat tente de réprimer les progrès de l'hérésie; les chanoines de Lescar portent plainte en pleine assemblée contre leur Evêque qui craint plus la colère de la Reine que la colère de Dieu. Barran est incarcéré après des troubles à Nay, mais les novateurs sont secrètement protégés par les souverains.

Le château de Pau



Conflits politiques et militaires

Pendant l'absence du roi de Navarre, les espagnols ont pénétré jusqu'à Dax et pillé Saint Jean de Luz; les Etats du Béarn lèvent 3000 hommes confié à Charles de Coucy, seigneur de Burie. Ce dernier doit faire une reconquête de la Navarre, mais des mutineries et la pluie diluvienne occasionne un célèbre échec (la GUERRE MOUILLEE). En 1559 une nouvelle expédition est projetée sur Fontarabie, mais le traître Gamboa a failli faire encercler et emprisonner le roi à Béhobie. Informé par un Navarrais, Antoine se retire. L'année suivante Gamboa tente de nouveau une semblable manœuvre d'encerclement; il est pris et pendu à Pau en mai 1560. Déçu de l'échec de Fontarabie, mécontent du roi de France, sollicité par Calvin qui l'engage à se faire réformé, Antoine de Bourbon assiste à la Cène protestante le jour de Pâques. Cette célébration a pour ministre l'ancien carme Arnaud Guilhem Barbaste avec son froc.
Le 7 février 1559, Jeanne a donné naissance à Catherine de Bourbon pendant ce temps là à Paris.

Henri II meurt en juillet 1559; François II passe sous la coupe des Guises oncles de Marie Stuart, au détriment des Bourbons.
Antoine assiste au sacre du nouveau roi; on l'éloigné en l'envoyant en Espagne Elisabeth de Valois promise en mariage avec Philippe II. Antoine de Bourbon et Condé sont chefs du parti protestant; la conjuration d'Amboise qui a pour but d'écarter François II de l'influence des Guise, ne menace pas leur vie. Par contre Condé est appréhendé peu après; et la vie d'Antoine menacée, mais la mort du roi le 5 décembre 1560 les sauve. Charles IX (10 ans) devient roi; Catherine de Médicis prend la régence et confie la lieutenance du Royaume à Antoine de Bourbon.

Catherine de Médicis
(1519 – 1589)

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